| N |
| A |
| DL |
| G |
| 24 |
| I |
Les trois couples verbaux ci-dessous ont une tous une valeur sémantique liée au souvenir :
pamtiti ~~ za- (+ A) se souvenir ; retenir
sjećati se² ~~ sjetiti se² (+ G) se rappeler ; se souvenir
zaboravljati ~ zaboraviti (+ A) oublier
Le verbe perfectif sjetiti se² signifie que l'on se rappelle quelque chose que l'on savait, que l'on a oublié un moment mais qui est revenu. Il ne faut pas le confondre avec le verbe perfectif zapamtiti qui signifie littéralement garder quelque chose en mémoire et ne jamais l'oublier. Ces deux verbes sont inchoatifs, c'est pourquoi un double tilde figure entre les verbes impf. et perf. (cf. le chapitre 67 sur la valeur inchoative d'un verbe). La distinction de sens entre les deux verbes impf. – pamtiti et sjećati se² n'est pas toujours évidente et l'on emploie bien plus souvent le 2e à l'oral :
Odjednom mi se sve zapamtio. D'un coup, tout m'est revenu.
Vrlo dobro se sjećam tog događaja. Je me rappelle très bien cet évènement. [où était la voiture].
Sjetila me se [kad vidjela fotografiju]. Elle s'est souvenue de moi quand elle a vu la photo.
Ces verbes peuvent être suivis de l'infinitif :
Jesi li se sjetio zatvoriti prozor? T'es-tu rappelé d'ouvrir la fenêtre ? {à un homme}
Le verbe perfectif zaboraviti oublier est un antonyme du verbe précédent :
Nisam se sjetio zatvoriti prozor. Je ne me suis pas rappelé de fermer la fenêtre. {locuteur}
Zaboravio sam zatvoriti prozor. J'ai oublié de fermer la fenêtre. {locuteur}
Voici trois exemples où dans le 1er cas, le verbe est suivi d'un COD à l'A, dans le 2e où il est suivi de la préposition na¨ + A que l'on emploie pour parler d'un fait et dans le 3e où il est suivi d'un verbe infinitif :
Zaboravila sam jaknu! J'ai oublié ma veste! {locutrice}
Zaboravila sam na utakmicu! J'ai oublié le match ! {locutrice}
Dans l'exemple ci-dessous, on constate que le verbe est suivi d'une proposition subordonnée complétive "conjonctive" introduite par la conjonction de subordination da. Dans ce cas précis, le verbe de la principale ne pourrait être suivi d'un autre verbe infinitif :
Zapamtio sam [da moram zatvoriti prozor]. Je me suis rappelé que je devais fermer la fenêtre. {locuteur}
Un certain nombre de verbes "pronominaux" sont suivis du G, avec une valeur ablative (éloignement, libération, privation) ou autre valeur comme la crainte, le dégoût, le contact, le souvenir, le jeu ou la crainte comme avec le verbe bojati (boji) se² avoir peur de. Ces verbes peuvent êtres suivis également d'un autre verbe à l'infinitif ou d'une proposition subordonnée complétive :
Ana se bojibojati se zmija. Ana a peur des serpents.
Ne bojimbojati se pauka. Je n'ai pas peur des araignées.
Goran se bojibojati se voziti bicikl. Goran a peur de faire du vélo.
L'ordre des mots dans la proposition subordonnée complétive s'applique selon la règle normale :
Ana se bojibojati se [da¹ ona neće² doći.]. Ana a peur qu'elle ne vienne pas.
On peut employer le substantif strah peur, crainte + G sous forme impersonnelle pour exprimer la même chose :
Anu je strah zmija. Ana a peur des serpents.
Anu je bio strah zmija. Ana avait peur des serpents.
Anu je bilo strah zmija. (le même sens, plus courant)
Anu je strah roniti. Ana a peur de plonger.
Le sujet à l'A (COD du verbe) est placé en premier dans la proposition. On peut aussi l'exprimer de cette manière : strah suivi de la préposition od¨ + G :
strah od zmija peur des serpents
strah od letenja peur de voler en avion
Le verbe plašiti ~ u- craindre, qui est plus courant à l'écrit qu'à l'oral, peut être pronominal ou non avec le même sens. Seul change la forme de cas des noms qui le précèdent ou qui le suivent. Sous forme pronominale, il est suivi du G sinon il y a inversion entre sujet réel à l'A et COD au N :
Ana se plaše plašiti se zmija. Ana craint les serpents.
Tamaru plaše plašiti pauka. Tamara craint les araignées.
Plašimplašiti se se priznati istinu. J'ai peur d'avouer la vérité.
Le verbe suivant očekivati (očekuje) attendre est courant. Il est suivi d'un COD à l'A :
Očekivali smo tvog brata. Nous avons attendu ton frère. {locuteurs}
Ce verbe comme tous les verbes précédents peut être suivi d'une proposition subordonnée complétive introduite par da (conjugué à tous les temps) :
|
Ana se bojibojati se Očekujemočekivati | da |
će biti jako hladno. Ana a peur qu'il ne fasse très froid. će biti jako hladno. Je m'attends à ce qu'il fasse très froid. |
Ce verbe est souvent suivi de propositions complétives au futur. En général, on exprime le futur dans la proposition complétive avec un verbe imperfectif au présent mais il est possible de l'exprimer avec un verbe perf. bien que cela ne soit pas courant :
Očekujemočekivati da će pasti kiša. "Je m'attends à ce qu'il pleuve."
Očekujemočekivati da padnepasti kiša. "Je m'attends à ce qu'il pleuve."
L'emploi du verbe perf. pasti (padne, pao) tomber ajoute une notion d'incertitude, ou de supposition. En revanche, il n'est pas possible d'employer le futur avec un verbe imperfectif. Le procès ne peut être prévisible dans le futur à moins d'être devin :
Očekujemočekivati da će padati kiša. "Je m'attends à ce que la pluie va tomber." (plus tard)
Očekujemočekivati da pada kiša. "Je m'attends à ce que la pluie tombe." (maintenant)
(Cela s'applique naturellement au verbe bude, comme à n'importe quel verbe perfectif)
Après les verbes de crainte comme plašiti se ou bojati se, on peut trouver la négation ne à valeur non négative, dit "explétif", comme en français dans la complétive introduite par la conjonction da (pour une hypothèse, une éventualité). Mais si on emploie un verbe perfectif au présent faisant référence à un évènement potentiel, on doit obligatoirement ajouter la négation :
Bojimbojati se se da će pasti kiša. "Je crains qu'il se mette à pleuvoir."
Bojimbojati se se da ne padnepasti kiša. "Je crains qu'il ne pleuve."
En croate, l'emploi d'un pronom indéfini négatif comme nitko ne serait pas correct grammaticalement et n'aurait aucun sens :
(Incorrect !) Bojimbojati se se da nitko ne dođedoći. "J'ai peur que personne ne vienne pas."
La négation ne n'a pas de valeur négative. l'exemple suivant, en revanche, est tout à fait correcte d'un point de vue grammatical :
Bojimbojati se se da netko ne dođedoći. J'ai peur que quelqu'un ne vienne.
On pourrait employer également la forme verbale bude mais aussi utiliser le présent ou le futur du verbe biti être (je² +) :
Bojimbojati se se da ne bude prekasno. J'ai peur qu'il ne soit trop tard.
Bojimbojati se se da je prekasno. même sens
Bojimbojati se se da će biti prekasno. même sens
Si on veut exprimer une vraie valeur négative, voici un exemple avec un verbe imperfectif au présent :
Bojimbojati se se da nemam vremena. J'ai peur de ne pas avoir le temps.
Cependant, on peut parfois rencontrer des expressions construites avec une "fausse" négation y compris avec un verbe impf. Il suffit de faire preuve d'un peu de bon sens et de logique.
Voici le verbe brinuti (brine) (se²) avoir peur, se faire du souci pour (o DL); se préoccuper de ; se soucier de peut être également suivi d'une proposition complétive subordonnée ou de la préposition o. En principe, il devrait être suivi de la particule se², mais on l'omet souvent dans le langage familier. Par exemple :
Brinem se da ne zakasnim na posao. Je me soucie de ne pas être en retard au travail.
Brinem se da ću zakasniti na posao. (même sens)
On retrouve la négation ne qui n'a pas de valeur négative comme pour les autres verbes exprimant la crainte ou la peur. Comparons le français et le croate pour la même proposition et nous constatons que la négation n'a pas de vraie valeur négative, elle est explétive :
| (français) | Je crains qu'il ne se perde. |
| Bojimbojati se se da se ne izgubi. |
Nous avons plus de similitudes avec le français puisqu'avec le verbe izgubiti («) perf. nous utilisons la particule se², qui se traduit par se perdre. Normalement il se traduit par perdre qqch. La différence se trouve surtout dans l'emploi de la "fausse" négation avec un verbe perf. au présent suivie d'une proposition subordonnée complétive.
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