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Dans ce chapitre, nous allons aborder l'emploi des propositions relatives, qui commencent par des pronoms ou des pronoms-adjectifs relatifs et qui servent à associer le nom ou le pronom qu'ils représentent (antécédent du relatif) dans la subordonnée relative. Voici deux exemples contenant des propositions relatives :
(1) Pročitao sam knjigu koju si mi dao J'ai lu le livre que tu m'avais donné.
(2) Knjiga koji sam kupio, je vrlo zanimljiva. Le livre que tu m'as donné, est très intéressant
Ce schéma montre les relations entre la principale et la relative, entre l'antécédent et le pronom relatif, entre le pronom relatif et le verbe de la relative :
| antécédent (genre, nombre) | ||||
| ||||
| Ovo je | jabuka | [koju | želim]. | |
| Želimo | nešto | [čega | nema°]. | |
![]() cas | ||||
Les relatifs sont en français qui, que, quoi, dont, où, lequel ; en croate les pronoms tko et što et les pronoms-adjectifs koji, čiji, kakav.
Il existe deux types de relatives en croate : la relative explicative ou non déterminative (exemple 1) dont le sens est accessoire. Elle ajoute une information, une précision, un détail, une propriété non indispensable au sens ; elle ne restreint pas vraiment le message, le sens global de l'énoncé. Dans ce cas, la subordonnée relative est accessoire ; la relative déterminative ou restrictive (exemple 2) dont le sens est essentiel ; elle restreint, précise l'antécédent par l'ajout d'une propriété nécessaire au sens. Sa suppression modifierait profondément le sens de la phrase ou pourrait la rendre absurde - la relative est indissociable de l'antécédent, et forme avec lui un seul groupe porteur de sens.
On peut classer les propositions relatives d'après les relatifs qui les introduisent. Par exemple koji peut avoir comme antécédent un nom ou un pronom, avec lequel il s'accorde en genre et en nombre, tout en se mettant au cas voulu par sa fonction dans la subordonnée relative :
(1) Vidim prijatelje [koji su me zvali]. Je vois les amis [qui m'ont appelé]. {groupe mixte}
(2) Vidim prijatelje [koje sam čekao]. Je vois les amis [que j'attendais]. {masculin}
Dans l'exemple (1), le pronom-adjectif koji est au N-pl, dont l'antécédent est prijatelje, sujet de la relative, par conséquent le verbe s'accorde avec celui-ci ; dans l'exemple (2), le pronom-adjectif koje est à l'A-pl, car l'antécédent qu'il représente est prijatelje, COD de la relative.
La proposition relative doit suivre immédiatement l'antécédent. Ainsi le pronom-adjectif koji est au début de la relative (éventuellement précédé d'une préposition) :
Vidim prijatelja [s kojim sam putovao]. Je vois l'ami [avec qui j'ai voyagé].
Došlidoći
passé-mpl smo na plažu
[na kojoj je bilo mnogo ljudi].
Nous sommes arrivés sur la plage ["où il y avait beaucoup de monde"].
Dans une proposition relative la syntaxe est indépendante, l'ordre des mots compte à partir du pronom relatif :
Pojeopojesti
passé-m sam jabuku
[koju¹
si²
kupio].
J'ai mangé la pomme [que tu as achetée]. {locuteur}
Pour les déclinaisons du pronom-adjectif koji voir le chapitre 59 Pronoms-adjectivaux "čiji" et "kakav".
Les propositions relatives en croate sont souvent traduites en français par des participes présents :
Vidim dječaka koji se igra u dvorištu. Je vois un garçon jouant dans la cour.
On observe une tendance (non admise par la norme) à remplacer l'accusatif masculin non animé koji par l'animé kojeg(a) lorsque l'antécédent est un non animé :
Vidim auto kojega želim kupiti. Je vois l'auto que je souhaite acheter.
Cette tendance est très marquée dans la langue parlée et dans la presse écrite, et on relève maints exemples dans les médias (écrits et oraux). De nombreux locuteurs, même de niveau universitaire, ne l'estiment pas comme une erreur, ce qui montre son degré d'intégration.
Les propositions relatives en croate sont souvent traduites en français à la voix passive mais La langue croate préfère la voix active :
Živimo u kući [koju je izgradio moj djed]. Nous vivons dans une maison [construite par mon grand-père].
Le pronom-adjectif koji peut être remplacé par le pronom relatif što, qu'il faut distinguer du pronom-relatif interrogatif qui se traduit par "quoi, ce que". Il peut avoir pour antécédent un nom ou un pronom de n'importe quel genre et quel nombre, animé ou non animé ; il est indéclinable, quelle que soit sa fonction dans la relative :
Mislim da znam čovjeka što stoji na vratima hotela. Je pense connaître l'homme qui se tient à la porte de l'hôtel.
Le pronom relatif invariable što est accompagné, pour les cas autres que le nominatif, d'un pronom personnel enclitique (non accentué), qui reprend l'antécédent (en genre et en nombre) et se met au cas voulu par sa fonction dans la relative ; ce pronom enclitique est facultatif à l'accusatif si l'antécédent est non animé :
Ljudi [što sam jučer ih sreo] su divni. Les gens [que j'ai rencontrés hier] sont formidables.®
Le pronom personnel enclitique ih correspond à l'antécédent ljudi au cas A (COD dans la relative). L'emploi de ce pronom relatif invariable accompagné d'un pronom personnel enclitique reste rare dans la langue moderne, on le retrouve surtout en littérature.
Dans le texte de la chanson Jugo au chapitre 35 Cas Instrumental : instrument et moyen nous avons vu ce type de constructions :
Vjetar [što tučetući u lice i dušu] Le vent [qui bat mon visage et mon âme]
Pričam o ljubavi jednoj [što bila je davno] Je parle d'un amour [qui remonte à longtemps]
Les pronoms relatifs déclinables tko (k-) qui ou što (č-) que (différent du pronom invariable) sont soumis à des contraintes syntaxiques : l'antécédent doit être un pronom neutre, démonstratif comme ovo, to, ono, indéfini comme nešto, sve, ou négatif ništa, un adjectif au neutre désignant une chose non animée, un antécédent vide, ou encore une proposition entière.
L'antécédent du pronom relatif tko (k-) qui doit être un pronom (démonstratif, mais aussi indéfini ou négatif) désignant un être animé indéfini, parfois même il peut ne pas y avoir d'antécédent. Lorsque son emploi est possible, il peut être remplacé par koji (mais c'est plus rare) :
Ovdje je netko [tko će ti pomoći]. Il y a quelqu'un ici [qui va t'aider].
Nitko [koga smo pitali] nije znao odgovor. Personne de ceux [que nous avons interrogés] ne connaissait la réponse.
Dans le 1er exemple, l'antécédent de tko est un pronom indéfini et dans le 2e exemple, celui de koga est un pronom négatif, décliné à l'A. Pour rappel, voir le chapitre 28 Pronoms interrogatifs : qui et que).
Lorsque le verbe de la principale et de la subordonnée ont la même construction, l'omission de l'antécédent est possible :
Tko više radi, više i zaradi. (Celui) qui travaille plus gagne plus.
Le pronom relatif déclinable što est à distinguer du što invariable. Dans le cas où l'antécédent doit être un pronom neutre, démonstratif, indéfini ou négatif, antécédent adjectif, sans antécédent, ou antécédent proposition, l'emploi de što comme pronom relatif est obligatoire, il ne peut être remplacé par aucun autre relatif :
Vidila sam nešto [što ne mogumoći
prés-1 objasniti]. J'ai vu quelque chose [que je ne peux pas expliquer].
L'antécédent du pronom relatif što est un pronom neutre indéfini dans cet exemple. Voici deux autres exemples : l'un avec un antécédent pronom neutre démonstratif et l'autre avec un pronom neutre négatif :
[Ovo što kažete] nije istina. [Ce que vous dites] n'est pas la vérité.
Nije to ništa [što bi vrijedilo vidjeti.] Ce n'est rien [qui vaille la peine d'être vu].
Voici deux autres exemples avec comme antécédent un adjectif neutre à valeur indéfinie et une proposition relative sans antécédent :
To je najlepše [što sam ikada vidjela]. C'est la plus belle chose [que j'aie jamais vue.]
Budite [što ste uvijek bili.] Soyez ce [que vous avez toujours été].
L'absence d'antécédent n'est possible que si le verbe de la principale et celui de la relative ont la même construction. Dans l'exemple qui suit, l'antécédent correspond à une proposition entière. Dans ce cas, le relatif što ne se rapporte pas à un seul élément de la proposition principale, mais au contenu tout entier :
Palo je pola metra snijega [što uostalom i nije čudno.] Il est tombé un demi mètre de neige, [ce qui du reste n'est pas surprenant].
Le contenu de la relative est présenté comme quelque peu secondaire par rapport au contenu de la principale, ce que peuvent souligner des adverbes comme uostalom du reste, d'ailleurs.
Voici un exemple où le pronom relatif što se décline :
Obući ću nešto [u čemu se osjećam udobno]. Je vais porter quelque chose [dans lequel je suis à l'aise].
Dans l'exemple qui suit, l'antécédent de la relative est le pronom adjectival svi dans le sens de tous ceux, le pronom relatif est donc à l'A masculin pluriel puisqu'il est COD du verbe de la relative. Dans le 2e exemple, l'antécédent du pronom relatif est un pronom neutre démonstratif. Dans ce cas, l'emploi du pronom relatif što est obligatoire :
Došlidoći
passé-mpl su svi
[koje
smo pozvali].
Tous ceux [que nous avons invités] sont venus.
Ovo je sve [što imam]. C'est tout [ce que j'ai]. ®
Cette règle s'applique également lorsque l'antécédent est l'adjectif ostali les autres et d'autres adjectifs énumérés ci-dessous. Pour rappel, voir le chapitre 52 Verbes dérivés de "Stajati") :
|
prvi le premier (homme) prva la première (femme) prvo le ou la premier-ère (élément ou objet) |
zadnji le dernier (homme) zadnja la dernière (femme) zadnje le ou la dernier-ère (élément ou objet) |
|
jedini le seul (homme) jedina la seule (femme) jedino le ou la seul-e élément ou objet |
svaki chacun svaka chacune |
Chaque pronom adjectival se décline en cas, en genre et en nombre ! Par exemple :
Ovo je zadnje [što ću kupiti]. C'est la dernière chose [que j'achèterai]. ®
Ovo je jedino [što želim]. C'est la seule chose [que je désire].
Voici le tableau récapitulatif d'emploi des pronoms relatifs et de leurs antécédents :
| nom ou pronom-adjectif, démonstratif (animé) | pronom relatif | |
|---|---|---|
| svi tous, tout le monde ostali les autres onaj celui-là, ona celle-là |
koji | |
| pronom indéfini, négatif (animé) | pronom relatif | |
| netko quelqu'un
® nitko personne ® svatko toute personne ® |
tko ® ... | |
| pronom neutre, indéfini, démonstratif, négatif (non animé) | pronom relatif | |
| nešto quelque chose ništa rien svašta toutes sortes de choses, beaucoup de choses, n'importe quoi sve tout ostalo le reste (de) to cela, ovo ceci, ono celui-là |
što | |
Voici trois exemples d'emploi avec le pronom adjectival démonstratif onaj (on-), ona, ono celui-là ou celle-là au masculin ou au féminin et celà pour le genre neutre dans une proposition relative :
To je onaj [koga čekam]. C'est celui-là [que j'attends].
To je ona [koju čekam]. C'est celle-là [que j'attends.
To je ono [što želim]. C'est celà [que je veux].
Dans le texte de la chanson Libar vu au chapitre 40 Conjuguer au futur figuraient trois propositions relatives :
s onim [što si htjela čut] Avec ce [que tu veux bien entendre]
sve
[što hoćešhtjeti
pres-2]
tout ce [que tu veux]
lice [koje poželiš] le visage [que tu désires]
Dans le 1er exemple, le pronom relatif što a pour antécédent le pronom indéfini du genre neutre onim à l'instrumental, dans le 2e exemple, l'antécédent est le pronom adjectival sav et dans le 3e exemple, l'antécédent est le substantif lice du genre neutre. Les pronoms relatifs de ces trois exemples s'accordent selon le genre, le nombre et le cas de l'antécédent.
En allemand, le pronom relatif der est obligatoire, et s'accorde en cas et en genre selon sa fonction dans la proposition. Toutefois, avec des pronoms adjectivaux comme alles, on doit employer le pronom relatif was (qui correspond exactement à što) :
| (allemand) | Das ist alles, was ich weiß. |
| To je sve što znam. C'est tout ce que je sais. |
________
® En Serbie et dans la plupart des régions de Bosnie, on emploie les formes šta et ko au lieu de što et tko. C'est la même chose pour les formes dérivées de tko, on dit plutôt neko au lieu de netko.
Dans certaines régions croates, on emploie de manière familière les pronoms relatifs kaj ou ča à la place de što ou šta lorsque l'antécédent est un nom, et sont invariables (ajout d'un pronom personnel enclitique dans la proposition relative). En revanche, en Serbie ou en Bosnie, dans ce type de constructions, seul le pronom relatif što est utilisé.
En Bosnie, on n'emploie que très rarement la forme kojeg au lieu de koji pour l'A masc. inanimé et cela n'existe pas en Serbie.

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